Mas Ste Marie, Chemin du Rouinet

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Le défi d'une paysannerie nourricière

22/07/2018

 

 

"Cultiver un potager, ce n’est pas seulement produire des légumes,

c’est apprendre à s’émerveiller du mystère de la Vie."

 

Pierre Rabhi

 

Oyé,Oyé chers Amapiens et Amapiennes,

 

(...) Je profite de ce message,pour vous tenir informés de l’évolution des pratiques culturales dans le jardin.

 

Vous avez pu vous rendre compte du peu de melon dans vos paniers,et des baisses de quantités de tomates,cette saison. Plusieurs facteurs observés ces dernières années,nous confirme les décisions à prendre si nous voulons continuer à vous proposer des légumes en quantités et qualités correctes.

 

L’évolution climatique y est déjà pour quelques critères de difficultés : pluies ou sècheresses déraisonnables,soleil brulant et températures extrêmes, pour les plus caractéristiques.

 

Mais aussi épuisement de la faculté des sols à se régénérer. Un peu d’histoire pour comprendre :

 

Les terres du mas sont cultivées en cultures maraichères depuis plus de 100 ans.L’évolution des techniques l’ont fait évoluer : de la houe ,au cheval,puis au tracteur,des fumiers frais aux fumiers “usinés” et engrais chimiques,puis retour aux engrais complets-organiques et fumiers compostés.De mon arrière grand-père en 1911 à mon père entre 1930 et 1991,puis moi depuis,les évolutions n’ont cessé de suivre l’économie du pays : des petits marchés Arlésiens et nombreux commerces de proximités livrés avec le cheval et la charrette,au marché d’intérêt national à Marseille livré par camion,puis la création de l’AMAP, cela fait des centaines de tonnes de légumes sortis de nos champs.

 

Notre terre est fertile par nature et a de grandes capacités à nourrir les hommes. Pour des raisons extérieures au métier, je n’ai pas assuré le bon maintien de la fertilité des sols ces 4 dernières années.Elles me le font ressortir à travers les difficultés de production.

 

Mais les décisions sont prises : nous allons remédier à ces manquements !

Tout d’abord en gardant une parcelle de terre que je pensais laisser à son propriétaire,(là où nous récoltons les courges, les patates et le blé).Pour pouvoir bien travailler avec celle ci,il faut investir dans le système d’arrosage car il est devenu vétuste et archaïque.La moisson du blé vient d’être faite (juste avant l’orage de vendredi soir) nous pourrons la faire niveler et faire recreuser un fossé comblé depuis quelques années. Cette parcelle ainsi “mise au propre”nous pourrons y cultiver des légumes dans de bonnes conditions.

 

Cea fait ,nous pourrons dans le jardin devant le mas ,mettre des parcelles “au repos” et surtout les nourrir pour elle même.C’est à dire mettre en culture des engrais verts,donner du fumier, qui seront enfouis juste pour leur plus grand plaisir.Nous pourrons sur un cycle de 2 ou 3 ans,les nourrir à tour de rôle.

Ainsi nourries et reposées durant un ou deux ans ,ces parcelles seront à nouveau disposées à faire pousser des bons melons tout ronds. Et pas que!

Dès maintenant, le processus a déjà été enclenché dans les serres.En effet la récolte de courgette et de melon de cette saison a été minimaliste et catastrophique en terme de rentabilité.Nous n’avons fait que 3 semaines de récoltes au lieu de 3 mois!

 

La décision a été mise en œuvre en arrachant les cultures début juin,travaillé le sol,l’arrosé abondamment, puis tiré une grande bâche spécifique pour le couvrir en totalité.Les portes et les ouvrants ont été fermés.Avec la forte chaleur l’étuve se crée sous la bâche et va éliminer tous les champignons et nématodes existant sur les 15 à 20 premiers centimètres du sol.Dans 40 jours nous ouvrirons la serre,enlèverons la bâche et sèmerons un sorgo fourrager qui aura pour but,avant floraison,d’être enfouie pour rapporter de la matière organique.Il sera aidé par un apport de fumier et d’autres semences  fourragères .

 

Cette opération prend donc du temps ,au moins jusqu’au printemps prochain. Cela veut dire que cet hiver nous n’aurons que 5 serres disponibles pour faire pousser les salades et autres blettes.Il faudra espérer que l’hiver sera peu rigoureux pour que les cultures en plein champs résistent au froid...

Tout cela vous parait certainement très technique ,mais il est important pour moi de vous expliquer que ce qui compose vos paniers n’est pas le fruit du hasard,mais bien un métier complexe et passionnant.Les médias parlent de plus en plus de permaculture,d’agro foresterie,d’écologie de tout poil.Les paysans sont les 1ers écolos,et les 1ers confrontés aux évolutions climatiques en dépit des soucis économiques (Même les agriculteurs conventionnels se battent avec le climat,ne croyez pas que le chimique leur rend la vie plus facile,elle leur coute surtout plus cher !)...

 

A travers vos engagements de consom’acteurs,nous avons pu il y a 12 ans prendre le virage de cette “paysannerie nourricière de nos voisins”.

Le nouveau défi est celui de notre aptitude à cultiver sous des climats changeants et inconnus, avec des terres fertiles mais usées. Avec les jardiniers nous prenons l’engagement de relever ce défi et d’ici quelques années pouvoir dire que nous avons redonné vie à nos terres et qu’elles nous offrirons des légumes savoureux et abondants pendant encore des décennies.

 

Nous comptons sur vous pour nous encourager à aller dans cette voie et continuer l’aventure tellement humaine des AMAP.

 

En vous souhaitant une belle fin de dimanche,je vous dit à très bientôt.

Anne-Marie

 

 

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